Tapis persans Kashan — Mohtasham, Dabir et Manchester

Kashan — le tapis urbain persan classique
Kashan (également écrit Keshan ou Kachan) se situe sur l’ancienne route caravanière entre Téhéran, Ispahan et Yazd. C’est de là que vient l’image que la plupart des gens se font d’un tapis persan : un médaillon central à pendentifs, des écoinçons, un champ floral dense et un fond de rouge garance profond.
La réputation de la ville repose sur deux périodes distinctes. Sous les Safavides, aux XVIe et XVIIe siècles, Kashan produit des tapis de soie d’une qualité jamais réellement égalée depuis ; les exemplaires conservés sont dans les musées, pas dans le commerce. La production s’éteint ensuite pendant plus d’un siècle. Les Kashan que l’on peut effectivement acheter proviennent de la seconde floraison amorcée au milieu du XIXe siècle, lorsque les ateliers de la ville sont rétablis et deviennent rapidement la référence du tissage urbain persan finement noué. Pour le contexte technique et historique, l’encyclopédie du tapis Jozan fait référence en matière de provenance persane.

Les noms d’ateliers, et ce qu’ils vous disent réellement
Kashan est l’une des rares provenances persanes où l’atelier compte autant que la ville ; ces noms méritent donc d’être connus avant d’acheter.
- Mohtasham — l’atelier le plus connu de la fin du XIXe siècle. Nouage très fin, palette retenue de rouge garance, d’indigo et d’ivoire, et une laine d’une douceur inhabituelle. C’est aussi le nom le plus librement appliqué dans le métier : il demande à être examiné plutôt que cru.
- Dabir — fin du XIXe et début du XXe siècle, reconnu pour un dessin de médaillon précis et rigoureux.
- Manchester Kashan — environ 1880 à 1930, lorsque les principaux ateliers achètent de la laine peignée filée à Manchester. Les filatures anglaises produisaient un fil à fibres longues, très régulièrement filé, et cela se voit : ces pièces ont un lustre nettement plus marqué et un toucher plus doux que les Kashan contemporains tissés en laine locale.
- Kashan en soie — petits formats en soie sur chaîne de soie, noués jusqu’à environ un million de nœuds par mètre carré. Généralement accrochés plutôt que posés.
Lire le dessin
- Médaillon central à pendentifs en haut et en bas, avec écoinçons assortis — la composition Kashan standard
- Palmettes Shah Abbasi — la grande fleur stylisée du nom du souverain safavide, dessinée sur des rinceaux
- Arbre de vie et compositions au vase — surtout sur les pièces de format de prière
- Palette — rouge garance, ivoire, indigo sombre, vert sauge, parfois chameau

Vivre avec un Kashan — une remarque honnête
Un Kashan est un tapis formel et ne prétend pas le contraire. La composition est symétrique et centrée : elle veut être vue entière. Placez un grand canapé en travers d’un angle ou une table basse en plein centre, et le médaillon disparaît. Dans une pièce où le mobilier ne peut pas s’organiser autour de lui, un motif all-over sans médaillon est généralement le choix le plus heureux.
Le rouge est franc. Sur une photographie il paraît plus chaud qu’il ne l’est sur un sol gris ou très froid, et il dominera une petite pièce. Si le dessin vous plaît mais pas la couleur de fond, regardez les Kashan à fond ivoire, ou les palettes plus douces des Sarouk et des pièces vintage.
Sur les exemplaires anciens, attendez-vous aux marques d’une longue vie : velours plus bas dans les lignes de passage, extrémités réduites ou consolidées, anciennes reprises. C’est normal sur un tapis de cent ans ou plus, et tout est décrit individuellement — mais c’est aussi la raison pour laquelle un Kashan ancien n’est pas le tapis d’un foyer qui veut que tout soit uniforme.
En bref
- Origine : Kashan, Iran central
- Densité : environ 250 000 à 360 000 nœuds par m² dans les formats de pièce ; jusqu’à 1 000 000 dans les pièces fines en soie
- Velours : laine kork, laine peignée de Manchester importée sur les pièces anciennes concernées, ou soie
- Fondation : chaîne et trame en coton ; chaîne de soie sur les pièces de soie
- Nœud : nœud persan asymétrique
- Formats courants : de 135 × 205 cm aux formats de palais au-delà de 500 × 330 cm
- Plancher chauffant : compatible
- Documentation : expertise écrite de l’origine, de la matière et de la densité de nouage avec chaque tapis
Entretien
Aspirez dans le sens du velours à puissance modérée, brosse rotative à l’écart des franges. Retournez le tapis bout pour bout une fois par an : un velours de laine finement noué montre plus tôt qu’un gros tissage une usure et une décoloration inégales. Tamponnez, ne frottez jamais. Les pièces anciennes ne doivent pas être détrempées à domicile — teintures anciennes et chaînes fragilisées exigent un lavage à la main maîtrisé. En Allemagne, nos clients peuvent recourir à notre service de lavage à la main et de restauration, avec enlèvement et retour dans la région de Wurtzbourg ; ailleurs, nous vous aidons volontiers à trouver un spécialiste près de chez vous.
Collections associées
Vue d’ensemble des tapis persans · Ispahan · Tabriz · Qum en soie · Sarouk · Tapis de palais
Djoharian Collection — depuis 1967. Cinq décennies d’expertise familiale dans l’art textile persan, avec des racines dans le Grand Bazar des tapis de Téhéran. Label STEP Fair Trade : rémunération équitable • absence de travail des enfants • conditions de travail contrôlées.